LA LIGNE

Série 0815/4 - dessin au feutre noir sur papier 25 x 32,5 cm - 2015
Feutre sur papier – 2015

L’essentiel du trait, c’est la recherche de Laetitia DISONE à travers ses peintures, dessins ou gravures. Bousculant les codes esthétiques de ces femmes fécondes à la vie affirmée, son geste calligraphique mêle avec désinvolture, classicisme, art brut, aborigène ou celui de la rue.

Confrontation des mondes, des temps. Du passé au contemporain. Ce passage de la figuration à l’abstraction permet au corps de se réinventer plus librement, mêlant confusément fond et forme, ombre et lumière. L’impulsion du geste fluide et presque brusque qu’offre l’aérosol lui crée un chemin juste et libre. De la figure tribale aux corps déconstruits, la matière des oeuvres de DISONE nous interpelle l’inconscient tant elle est pétrie d’expériences de vie que l’artiste inscrit sur sa toile. Cette femme habitant si intensément chaque oeuvre aux formes voluptueuses et fertiles, parfois disloquées, c’est elle, ou l’autre !
Mais elle Est. Nous regarde du haut de son mur, un sourire en coin, fière d’elle même. Car l’humour du trait est bien là aussi. Il contourne, intègre et structure par sa déstructuration. Cette originalité éclatante nous raconte une histoire de femmes. Qu’elles soient filles de rue ou princesses, elles arborent fièrement ce qu’elles sont.

LES CONTRAIREs, CHOC OU HARMONIE

J’ai toujours été interpellée par la dualité et la contradiction des contraires. Des gens, des sentiments, des émotions, de la vie. Ce composé de deux éléments de nature différente qui pourtant s’assemblent. Ma recherche artistique traduit une quête de cet « essentiel » qui peut tout rassembler en un minimum de trait, raccourcissant des univers opposés mais complémentaires qui au fond n’en forment qu’Un.

Papiers découpés et feutres 50 x 50 cm - 2015
Papiers découpés et feutres 50 x 50 cm – 2015

C’est ainsi que je me suis intéressée au trait calligraphique qui par sa forme elliptique pouvait faire passer ma peinture, au départ figurative, à une forme de figuration abstraite pour mieux la simplifier, mieux s’en libérer. En ne donnant au corps que l’essentiel d’un mouvement, d’une courbe ou d’un angle, métissant fond et forme, je mêle ainsi ces deux mondes qui n’en forme qu’un seul ou tout s’entremêle et fusionne.
Le fond s’inscrit alors dans la forme comme les pleins dans les vides, les ombres dans la lumière et inversement. Comme sont indissolubles la joie de la tristesse, la solitude dans la foule, le silence du bruit, le dit du non dit.
Tout est dit mais rien n’est dit car tout peut se confondre, se réinterpréter, se réinventer.
Une nouvelle forme, une nouvelle entité, un autre ADN simplifié se mettent en place ou l’imaginaire de chacun peut prendre vie.
La technique de l’aérosol n’a fait que renforcer cette simplification car le geste est ininterrompu et vif voir brusque.
Peu à peu ce jeu de perspective et de brassage, je l’ai trouvé aussi au travers de collage et de découpage de papiers. Les travaillant, les courbant, les découpant, les chevauchant les uns dans les autres sans dessin ni peinture.
La forme prend forme librement là où chacun peut y lire une histoire et plonger dans son imaginaire.

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